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Pouvoir d’achat et teuf

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  Actualité /// Edito ///

date mercredi 9 juillet 2008
:: Pouvoir d’achat et teuf
Quel avenir pour la rave party dans un contexte économique de crise ?


Depuis quelques temps déjà, nos portefeuilles souffrent. Cela avait commencé avec l’euro, mais ça, on l’a accepté, car personne ne souhaite revenir au franc (à part Philippe de Villiers et Le Pen, mais ce ne sont pas à proprement parler nos amis), puis la hausse des prix alimentaires (avec le boom de la demande en Asie) et des matières premières en général, dont bien évidemment le pétrole.

Et les biens immatériels, comme la fête par exemple ? Seul un degré de civilisation élevé peut garantir l’accès à des sensations autres que le simple fait de se sentir en sécurité et de manger à sa faim. Seule une économie prospère permet à sa jeunesse insouciante de se lâcher tout un week-end sans avoir à se préoccuper de savoir s’ils seront de retour le lundi pour aller traire les vaches, aller à la mine ou pointer à l’usine...

Alors est-ce que le prix du baril de brut léger de la Mer du Nord, ou l’envolée des prix du gaz, ou les tensions sur le nucléaire iranien vont-ils avoir raison de notre propension à "resver", c’est-à-dire battre la campagne comme le disaient nos ancêtres les François (Français du 15e siecle) ?

A priori, question free party, on devrait plutôt coller à la tendance actuelle qui est la recherche de gratuité maximale, à la roots, de toutes façons y a rien d’autre ou c’est plus cher, et comme on a pas les moyens quand on a 17 ans... Sauf que le prix de l’essence devrait ralentir un peu les ardeurs de ceux qui se lançaient auparavant dans des expéditions à travers toute la France pour assister à un Teknival. Les demandes de co-voiturage sur ce site, en constante augmentation, prouvent d’ailleurs que le problème est bien réel. Risque aussi de voir disparaître certains camtars, certes très folklos avec ces peintures et ses gri-gris rigolos qui pendent au retro, mais très gourmands en carburant, car bien que roulant au gas-oil, celui-ci n’est plus aussi bon marché qu’avant.

En résumé, question free parties, la tendance est à la stabilité, voire à un regain d’intérêt, en témoigne l’affaire du Teknival du Pays Nantais, finalement annulé, ou plutôt "échangé" avec les autorités contre des évènements plus locaux, mais plus nombreux. Une tendance nettement haussière signifierait que ceux qui se la jouaient fashion il y a quelques mois laissent tomber leur coupe de cheveux Toni&Gui pour se faire des dreads afin de jouer les authentiques travelers du monde de la free. Le cauchemar quoi.

Big festivals : attention ! Ces énormes machins, montés sur plusieurs jours, avec des programmations en forme d’anthologie du rock ou de la techno, ne sont-ils pas des colosses aux pieds d’argile ? C’est sûr que pour 50, 60, 90 Euros le "pass 3 jours", on en a pour son argent si on fait le compte de tous les concerts si on voulait y assister un par un. Là c’est le supermarché, et même si y a toujours un ou deux trucs qu’on aime pas trop, y a aussi toujours une ou deux, voire trois ou quatre performances qu’on qualifiera de bonnes surprises. Mais au final, il faut tout de même prévoir un budget, pour tout ce qui est transport, nourriture, boisson, stimulants divers... Bref, 200 Euros qu’on pourrait mettre dans un iPod ou dans l’ordi portable qu’on doit acheter pour la rentrée. Argh, cruel dilemne.

Et puis il y a pléthore de mini-festivals un peu partout en France, à tarifs réduits, pas besoin de s’équiper chez Décathlon en tente igloo, c’est le patelin à côté. Y a des groupes locaux, une ou deux pointures (je veux dire par là groupe français connu), voire une ou deux "vedettes américaines", et puis surtout l’ambiance du crû, inimitable, avec sa petite vinasse du coin et ses cailleras maison, on ne s’en lasse pas.

Par contre le mega-mega festival, avec programmation de ouf est une espèce en voie de disparition. Samedi 5 juillet, on attendait Bjork ainsi que les meilleurs DJs de Grande Bretagne dans la banlieue de Londres pour les festival "Wild in the Country". Vendredi 4 juillet nous recevons le communiqué d’annulation. Motif : pas assez de pré-ventes. C’est sur que la petite Bjork doit avoir un cachet assez énorme, mais son aura interplanétaire aurait pu déplacer les montagnes, sauf que cette fois-ci la diva islandaise s’est fait sacrifiée sur l’autel de l’inflation. Trop cher, pas assez de sous pour les vacances, trop loin, trop galère, on laisse tomber. Tel a été le message - sans (r)appel - du public anglais.

D’apres certains échos, le Main Square d’Arras, malgré Radiohead n’a pas eu le succès escompté. Par contre, avec une programmation plus sage, comme d’habitude, les Eurockéennes ont bien tenu le choc, et même plus que ça d’après les organisateurs ("COMPLET ! LA 20e EDITION DES EUROCKEENNES DE BELFORT SALUEE PAR UN ENTHOUSIASME PUBLIC. - Radio-Music"). Voir à ce sujet l’article présentant le bilan des festivals de l’été dans le Nouvel Observateur

De même, la soirée "Unighted" au Stade de France du 5 juillet dernier s’est faite à guichets fermés. L’explication ? Un rapport qualité/prix plus interessant que celui d’une discothèque classique (comme le dit Wiwi1983 sur le forum de Dailymotion, "120 euros, c’est même pas le prix qu’on dépense en boîte (pour une bonne soirée) je veux dire"). On espère donc que l’essai transformé par Cathy Guetta donnera des idées à d’autres (Pape ! Pape ! Pourquoi tu donnes les clés du Velodrome aux rappers de Soprano et pas à nous ? Hein ? Dis, Pape, oh, donne moi les clés, juste une soirée, on fait venir Fatboy Slim et Armand Van Helden ! Chiche ?"*).

Du 13 au 17 aout, ce sera un grand moment de vérité pour l’un des moments que beaucoup sur ce site attendent avec impatience, puisque ce sera la XXème édition d’Astropolis, la teuf mythique qui a fait de la Bretagne à jamais une terre techno. Avec une prgorammation très interessante (Carl Craig, Derrick May, Dave Clarke...). En l’occurence, ici, plutôt que de parler de consommation, nous parlerons d’investissement : un placement à très long terme car assister à un tel évènement peut effectivement vous faire grandir et vous faire ouvrir les yeux sur le monde qui vous entoure.

Alors ce week-end du 15 aout, si vous etes quelque part entre Paris, Calais et Bordeaux, montez à Brest par tous moyens car ce sera à n’en pas douter l’évènement techno de l’été. One more time and still for a long time.


*Un certain D. Cissé s’est déclaré en mesure de pouvoir plaider notre cause pour une soirée au Velodrome auprès de M. Pape Diouf, en échange d’un accès aux platines pendant une heure. Il prévoit d’utiliser ses talents footbalistiques pour parvenir à ses fins. Nous lui avons donc réservé la tranche minuit-1H, en plus il se dit prêt à renoncer à son cachet, si toutefois le public s’abstient de siffler. Le comité de Direction de Legalize Party ne peut qu’encourager ce type d’initative. Il ira loin ce petit jeune !

Actualité rédigée par Itribe.


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